Ensemble
DRESSOIR OU CREDENCE EN NOYER
DE LA SECONDE RENAISSANCE FRANCAISE
Ce dressoir relève d’un modèle proche des projets faits et publiés par Androuet du Cerceau au milieu du XVIème siècle pour architecturer le meuble. Il appartient à ce courant stylistique qui naît alors en Ile de France et en Val de Loire, où la composition est d’inspiration «classique», toujours harmonieuse et sobre, par réaction au style ultramontain qui prédomine alors dans les autres régions.
Encore de structure médiévale (il conserve la structure traditionnelle des dressoirs gothiques), ce dressoir peut être tout à la fois d’apparat ou destiné aux repas.

La composition d’ensemble de ce dressoir répond bien aux premières définitions de ce genre de meubles, considérés comme des coffres surélevés et dénommés « dressouers ». Notre modèle, encore un peu trapu, mais de belle harmonie a été conçu dans un esprit essentiellement architectural durant la seconde moitié du XVIème siècle. Les colonnes d’ordre dorique qui soutiennent le corps du haut, ses entablements, ses motifs géométriques et ses consoles de frise grassement moulurées, sont bien spécifiques de l’époque Henri II. Les colonnes à fût fixes et baguées servant de support, sont volontairement massives afin de rester en harmonie avec l’importance du corps supérieur. La base est particulièrement structurée et s’achève par une élégante moulure.

Ce dressoir offre une conception toute empreinte d’harmonie et d’équilibre qui appartient à l’école française du Val de Loire et de l’Ile de France.

Dans un état de conservation remarquable et de très belle facture, ce meuble est un exemple accompli des riches productions des différentes écoles de la Seconde Renaissance Française. Réalisé dans un très beau noyer clair, il possède une patine remarquable.

Bibliographie :
Le mobilier. Alfred de Champeaux. 1884
Le mobilier domestique. Nicole de Reynier, au CNMH.
Le mobilier français du Moyen-Age à la Renaissance.
J. Boccador. Editions Monelle Ayot. 1975