RARE PETITE TAPISSERIE D'EPOQUE GOTHIQUE.
ORIGINE : Nord de la France. Arras. EPOQUE : Fin du XVème siècle.

DIMENSIONS : Hauteur : 47 cm, largeur : 150 cm.

A l'abri d'une palissade formée par des pieux et des branchages tressés et symbole de la foi chrétienne, cerfs, biehes et daims représentant l'âme humaine, viennent s'abreuver à une mare alimentée par la fontaine de vie. Par leur importante taille, ils oeeupent le devant de la seène de eette rare tapisserie d'Arras.
Le ciel, placé très haut, comme dans la plupart des tapisseries d'Arras, est exprimé par des hachures verticales. Le fond est agrémenté de fleurs et de feuilles d'un graphisme très stylisé. Ces éléments pemmettent de dater cette tapisserie des années 1490-1500.
Les tapisseries gothiques présentent des coloris intenses et peu nombreux de dominantes bleue et rouge, dont la valeur passe du plus clair au plus foncé. Le tracé est vigoureux et cemé, presque sans modelé.
Les hachures irrégulières et rythmées sont très caractéristiques des tapisseries d'Arras, qui par ailleurs recourent au large emploi d'un élément floral généralement situé dans le bas de la composition.
Dans la ville d'Arras, l'emploi de la haute lice était d'usage au XVème siècle. Les lieiers semblent avoir joui d'une assez grande liberté pour la transeription, à partir d'un modèle à échelle réduite donné par un peintre. Parfois un deuxième peintre intervenait pour réaliser un modèle à grandeur d'exéeution. (voir documents 1 et 2).

HISTORIQUE
Le rattachement d'Arras au duché de Bourgogne en 1384 et l'alliance de Philippe le Bel et du roi d'Angleterre en 1419 pemmirent aux ateliers de cette ville de s'approvisionner en laine dans les comtés situés au delà de la Manche, ils conservérent aussi la liberté d'y vendre leur production.
Alors que Paris s'écroule pendant la Guerre de Cent ans, surtout sous l'occupation anglaise (1418-1436), la prospérité des métiers d'Arras ne subit aucune atteinte, et deviendra d'envergure internationale. Les Arrageois s'installèrent dans les villes lainières de Bruges, Douai, Gand et surtout Bruxelles.
Ce brillant essor atteignit son plein épanouissement au milieu du XVème siècle et se prolongea jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, suivie de l'annexion d'Arras par les troupes de Louis XI en 1477.
Cinquante-neuf maîtres y furent dénombrés au milieu du siècle, les italiens forgèrent le mot Arazzi pour désigner la tapisserie. Chaque atelier possédait son assortiment de cartons que les tapissiers ambulants emportaient avec eux afin de pouvoir réaliser les petites commandes sur place. En 1464, Charles demande à son garde tapissier de dressa un inventaire de toutes les tapisseries d'Arras. Aucun document n'en précise le nombre mais on a su par la suite que beaucoup d'autres tentures venaient s'ajouta aux immenses collections des châteaux des Flandres et de Bourgogne. Une partie de ce fabuleux trésor est dispasé quelques années après dans le butin récolté par les Suisses vainqueurs du duc à Grançon et à Morat.
L'inventaire du mobilia de Charles V réalisé en 1739 mentionne plus de 130 tapisseries armoriées et 133 grandes tentures appelées "tapis à images ", servant à décora les murs du Louvre.
Les documents d'archives signalent des tapisseries aussi bien dans les cathédrales que dans les plus humbles églises. Des tentures très en largeur sont notamment disposées au-dessus des stalles.
Dans les châteaux, leur rôle devient utilitaire, elles protègent du froid et des courants d'air. Contrairement à l'habitude actuelle, elles sont placées les unes à côté des autres, sans aucun espace vide. Elles sont également utilisées pour décora des façades extérieures ou des bâtiments provisoires à l'occasion de fetes, de touroois ou même de campagnes militaires.
Par rapport aux tapisseries spécifiquement francaises du XIVème siècle remarquées par la clarté et la sérénité de leur composition, un nombre réduit de personnages, une tendance aux scènes agrestes et au naturalisme, les tapisseries d'Arras, assez proches de l'esprit français présentent des coloris moins vifs qu'à Paris et des compositions plus réalistes et plus pittoresques.