Emile GILIOLI
(1911 - Paris - 1977)

CARAVANE, 1955

Bronze poli original
Signé et numéroté à la base : Gilioli 2/5
Fonte de Susse signée à la base : Susse Fondeur Paris
Hauteur : 46 cm.
Largeur : 42 cm.
Profondeur : 42 cm.

Provenance  : Collection Fondation Veranneman, Kruishoutem, Belgique

Bibliographie  : Ionel Jianou et Hélène Lassale, GILIOLI, Arted Editions d’Art, Paris, 1971, décrit à la page 63 sous le n° 160 et le marbre reproduit en pleine page planche 60  (CARAVANE – 1955 – marbre – atelier de l’artiste)

«C'est la densité inventive des formes qui me tient cloué là pendant des heures…
Ce silence qui est autour de cette masse dissymétrique, cette forme en marche dans tous les sens… » Emile Gilioli.

Gilioli est un des chefs de file de l'abstraction lyrique dans la sculpture des années cinquante, dont l'œuvre se caractérise par le dépouillement et l'élancement. S'exprimant dans des matériaux classiques : le marbre, l'onyx, le bronze poli, cet artiste oscille entre la tradition des tailleurs de pierre et la fantaisie du traitement de ses sujets. Ses œuvres se décomposent en formes géométriques où la courbe et l'angle s'épousent, sensuels. Elles se parent alors de couleurs vives où le noir vient parfois faire contrepoint. Travaillant avec soin les reflets d'une matière brute, il polit au soleil les flanc de son œuvre…en genèse. « Ce n'est pas le modèle qui compte, mais la lumière » lui dira son professeur de l'Ecole des Beaux Arts ; conseil dont il fera le secret de son œuvre. Peut-être est-ce pour cela que ses œuvres sont faites pour être exposées en plein air. « Je dirai que la belle sculpture pour moi, c'est le ciel, je ne le dirai jamais assez . En définitive mon plus grand désir, ce serait d'arriver un jour à faire une sculpture en plein ciel, qui respire avec lui l'unité. Je le sais bien que sur le plan de l'amour cela n'est possible que si le ciel est dans moi. » L'horizon gardera toujours une importance prédominante pour Gilioli, de même que le soleil qu'il décline sous différentes formes : tête, sphère, boule, sein qui viennent chaque fois affronter le triangle ou le trapèze. L'astre solaire roule sur les arêtes et casse ainsi la surface stricte de ses œuvres, les axant d'un nouvel équilibre. Empreinte de poésie et de finesse, son œuvre révèle également des sculptures au lyrisme vertical saisissant La plupart de ses œuvres partent d'une abstraction du corps humain qu'il dépouille peu à peu, pour aller vers une épuration formelle encore plus prononcée. L'ouvrier est alors au service de l'artiste, ce qui fait toute la singularité de son œuvre puisqu'à la force il allie le raffinement. Avec une méticulosité propre aux grands sculpteurs, Gilioli dans toute la richesse que possède la simplicité, relie le graphisme au volume. Légitimant ainsi la liberté du geste (de la main et de l'esprit), il amarre ses œuvres qui incarnent toutes un appel et un bloc, le commencement et l'aboutissement. Comme un homme amoureux, Gilioli guette et pressent l'éclosion de ses œuvres qui ancrent un lien chaque fois un peu plus fort entre la matière et la pensée, la terre et le ciel vers lequel s'étirent toutes ses créations.
La sculpture n'est pas seulement une profession mais une confession disait-il…
Chez lui, chacune de ses œuvres sont un acte de foi.